La tradition du portage

Les origines du porte-bébé

 
 
 
 

Je suis Anaïs Antonio,

créatrice de lafondamentale


Les informations qui figurent dans ce sujet ont été glanées auprès de nombreux articles cités en fin de chaque paragraphe, et parus sur la thématique au cours des dernières années.

Ils ont été remaniés, enrichis et parfois traduits par lafondamentale.


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Temps de lecture du sujet : 18min


Le porte-bébé, un moteur de l’ Évolution

 

Le porte-bébé, l’un des tous premiers objets de l’Homme — sans doute inventé par la femme — et conçu pour un usage quotidien, répond à un besoin primaire ; celui de permettre la proximité d’une mère et de son bébé, afin d’en assurer la survie et le développement au travers des époques et des modes de vie.

En effet, depuis le début de l’Humanité, le portage des bébés ne nous raconte pas seulement les usages de la maternité. Il nous raconte avant tout, l’histoire de l’Évolution de l'homme qui selon Timothy Taylor, spécialiste de la préhistoire, concevra avec l’invention du bandeau porte-bébé (le babysling), un véritable moteur de son Évolution afin lui permettre le déplacement — le nomadisme de nos ancêtres qui vivaient de la chasse et de la cueillette au gré des saisons — et la survie, évitant ainsi à sa progéniture, les dangers présents au sol, le froid et les éventuelles attaques des prédateurs.

lafondamentale vous retrace ici l’histoire d’un des objets les plus vieux du monde : le porte-bébé dont l’histoire et l’évolution mérite intérêt et attention.


> Extraits de l’article “Le portage bébé, un effet de mode” par le 28 septembre 2018 sur le blog lesptitssages.com

> Extraits de l’article “L'histoire du portage et de la poussette” paru le 28 novembre 2017 sur le blog josette-la-chouette.fr


 
 

L’Évolution de l’Homme

Dans l’histoire de l’Évolution de l’Homme, lorsque les femelles ont commencé à se déplacer debout, elles ont rapidement été confrontées à un problème : comment porter son bébé afin de le protéger des prédateurs, se déplacer aisément mais également poursuivre ses activités domestiques (cueillettes, etc).

Car bien que l’homme eut adopté la position debout, leurs enfants ne peuvent pourtant plus s’agripper aux dos des femelles comme ils le faisaient lors de la position à quatre pattes ; une alternative au portage à bras (réduisant la mobilité) a ainsi du être inventer.

Heureusement, bien que l'Homme ait perdu ses poils de singe, l’on remarque que le nourrisson conserve ses réflexes primaires du grapping (préhension de la main) et de Moro (réflexe d’agrippement des bras et des jambes).

C’est ainsi que serait apparu les premiers porte-bébés, fabriqués à base de peaux ou de viscères d’animaux.


> Extraits de l’article “L’Histoire du portage” publié le 30 mai 2015 sur le blog Mon BB Porté

> Extraits de l’article “Les réflexes du nouveau-né” publié en octobre 2020

 
 
 
 

Une mère Comanche, Edward S. Curtis, 1927

Le tribu des Kombai en Papouasie Nouvelle Guinée

Une femme et son fils, île de Java

 
 

Anthropologie & Biologie de l’enfant

Dans la plupart des cultures historiques des Plaines, les parents d'une nouvelle mère fabriquaient un berceau pour le bébé. Les panneaux perlés complexes et colorés de cet exemple font partie des conceptions traditionnelles Kiowa créées par les femmes, bien que de nombreuses tribus aient préféré les cadres peints et cloutés en laiton produits par les hommes. Le berceau permettait de porter le bébé sur le dos de la mère, de le suspendre à sa selle ou de l'appuyer contre le tipi. Celui-ci montre une utilisation considérable : les générations précédentes l'ont probablement transmis.

Louise Smoky, une Kiowa, dans un berceau. collection Charles H. Stephens; Image du musée de Penn

Un enfant amérindien dans son porte-bébé

 

Pourquoi portons-nous nos bébés ?

Du point de vue des anthropologues, le cerveau du bébé humain est immature et ne représente à la naissance que 25% de la taille adulte. Il double à l’âge de 2 ans et représente 90% de son format à l’âge de 3 ans. Il faudrait donc 18 mois de gestation pour avoir la maturité cérébrale d’un primate.

Le volume du bébé se serait donc développé trop rapidement alors que le bassin de la femme serait resté étroit afin de pouvoir se tenir debout toute la journée.

Afin de prévenir ce problème mécanique, les bébés humains naissent ainsi immatures d’une année environ, et vont continuer leur croissance dans les bras de leur mère.

Ainsi, du point de vue du biologiste allemand Dr Hassenstein, les bébés sont programmés pour être portés.

Il établi 3 catégories cliniques :

Le bébé humain fait partie de la catégorie des portés passifs, qui participent activement au portage puisque les bébés humains sont programmés pour s’accrocher avec leurs mains et leurs pieds au corps de l’adulte qui lui offrent les appuis et le soutien nécessaires.

Porté régulièrement par la base dès sa naissance, le bébé exerce ainsi ses compétences d’agrippement et adopte sa position physiologique : il remonte ses genoux contre le ventre, s’accroupi et arrondi le dos.

 
 

Le portage chez les sociétés autochtones

 
 

Une mère Dinka et son enfant , Soudan

 

N/C


> Extraits de l’article sur la “Planche porte-bébé” sur l’Encyclopédie canadienne


 
 

« Du froid extrême auquel sont soumis les Inuits aux températures caniculaires dans lesquelles vivent les Touaregs, le bébé porté contre sa mère est ensuite protégé de l’extérieur par l’amauti dans le premier cas ou par la djellaba dans l’autre. »
 
 

L’évolution du portage dans l’Histoire du Monde Occidental

Au Moyen-Âge, le lien mère-enfant est valorisé dans la culture comme dans les images religieuses. Les bébés sont plus allaités et portés que dans d’autres périodes de l’histoire, notamment que sous l’Ancien Régime où la mortalité infantile était beaucoup plus forte qu’à l’époque de l’amour courtois. Les bébés partagent également la couche parentale.

Jusqu'à la fin de la renaissance les bébés sont donc portés et vivent dans la proximité de la cellule familiale.

 

Doolittle; Montrose, PA circa 1890

Une esclave brésilienne porte le bébé de son maître à la manière traditionnelle africaine, Bahia, Brésil, 1880 - Alberto Henschel (1827–1882) / Les noirs dans la photographie brésilienne du XIXe siècle. Rio de Janeiro: George Ermakoff Casa Editorial, 2004, Fundação Joaquim Nabuco, Recife.

 

This woman was a paid wet nurse, after the time when slavery was abolished. As many black women suffered loss of their infants, lactation would give them the ability to work in this way.

Femme noire tenant un enfant

Antônio da Costa Pinto avec sa nourrice-esclave, brésil, ca 1800

Woman with child holding doll, South Carolina, 1905

American White man with daughter and slave nanny, ca. 1845-1850

CDV d'une esclave bien habillée tenant un bébé sur ses genoux, "T.M. Schleier, Nashville, Tennessee."

 

 

Vélez Rubio, province d'Almeria, Andalousie, durant la guerre civile espagnole, 1937 - Photographie de Kati Horna

Le portage en Norvège vers 1900

Poussette en rotin

Poussette en plastique, 14 août 1947

Baby carrier for couples - Jack Milford - 1937

Welsh Family waiting for visiting King George V 1935

 
 
 

Photo by Wilfred Revelle Jackson 1970

Lynne McLellan and bay Tascha. Photo by Revelle Jackson date unspecified.

Communauté hippie au Danemark - source

 

Le tournant des années 1970

Le biologiste allemand et un comportementaliste allemand Bernhard Hassenstein introduit le terme du « primate porté » dans la biologie comportementale.

Alors que l’on considère que le portage est réservé aux pauvres et aux cultures non-occidentales civilisées, en 1979 dans un hôpital de Bogota, en Colombie où par manque de couveuses, on décide de positionner les prématurés contre la peau nue de leurs mères, les résultats démontrent que cette méthode réduit la mortalité, la durée de l’hospitalisation, les infections, permet une meilleure stabilité respiratoire, une meilleure stabilité du sommeil ainsi qu’une meilleure régulation de la température du bébé.

La méthode alors baptisée « kangourou » se répand dans les hôpitaux au delà de la Colombie et l’on se réintéresse aux bienfaits du portage en terme de santé et de développement de l’enfant.

C’est en Allemagne qu’Erika Hoffman, mère de Jumelles, développe l’écharpe de portage que nous connaissons aujourd’hui en s’inspirant de méthodes Mexicaines.

Petit à petit, l’écharpe de portage se développe en Europe, puis apparaissent les porte-bébés.


Les années 1990

Les professionnels s’intéressent et se forment au portage. On lui associe de nouvelles caractéristiques qui ne sont pas des objectifs de transports.

Le test de Harlow a démontré le besoin primaire de contact physique des nouveaux-nés. On sait que les contacts fréquents et les interactions enfants/adultes sont indispensables à une croissance optimale du cerveau.

Le portage apaise les pleurs, les coliques, facilite la digestion et permet d’autres bienfaits que vous pouvez lire ici.


> Extraits de l’excellent article “Vintage Baby Carriers” du blog Hipababy.com

> Extraits de l’excellent article Vintage Baby Carrier Advertisements du blog Hipababy.com

 
 

Au cours des quarante dernières années, plusieurs travaux de recherches, notamment ceux du Dr. Sears, ont permis de démontrer l’importance du contact physique dans le développement du jeune enfant et de son lien d’attachement avec ses parents.

 

Le concept du continuum

À la recherche du bonheur perdu

“Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu” est un essai de Jean Liedloff (traduit de l'anglais vers le français par Véronique Van den Abeele).

L'auteure s’y oppose aux théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère et cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu'à ce que l'enfant s'en détache seul.

 
 

Kurdish Herke Cecim Baby Backs Antique

Le point de vue du porteur

Pour les mamans, il semble que le portage contribue à réduire les risques de dépression du post-partum, la mère se sentant alors forcément moins à l’écart.

La présence sur soi du bébé faciliterait la pratique de l’allaitement, à la fois par la proximité qui permet une réponse plus adaptée de la mère et par le contact qui facilite l'expression des compétences du nourrisson et la sécrétion des hormones. Par ailleurs, les écharpes ou sling peuvent être utilisés pour placer confortablement l’enfant en position d’allaitement.

Pour les papas, l’un des principaux avantages du portage est de leur permettre un contact physique et privilégié avec leur enfant.

Il est à noter que le développement du portage en Occident a coïncidé avec l’accroissement du rôle du père auprès du nouveau-né alors même que la communication associative ou commerciale sur le portage exclut encore largement les pères.


 
 

Fritz Fenzel snapped this very clean side carrier in Germany

In the caption of John Everard's photo, this umbrella-toting dad from Luzon, Philippines is described as a headhunter. Which means he's Bontoc, the one Igorot group which actually practiced headhunting

A Spanish peasant rocking a suit and a smooth, waist-level baby carrier - photo by Fulvio Roiter

 
 

Les différentes méthodes de portage


Le portage se développe en Occident depuis les années 1970, en lien avec une évolution de la façon de s'occuper des bébés, un regain pour le maternage et la proximité mère-enfant.

De nombreux systèmes existent :

 

Cheyenne mother and children

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Ressources autour de la thématique


Bibliographie


PORTER MON BÉBÉ, Céline Guerrand-Frénais et Cécile Cortet, Éditions Minerva (Genève), 2009, 127 p.

Cet ouvrage propose des données historiques, médicales et théoriques sur le portage ; complétées par une partie pratique avec plusieurs pas à pas sur différents noeuds et des conseils concrets sur le portage.


BÉBÉS DU MONDE, Béatrice Fontanel et Claire d’Harcourt, ÉditIons de La Martiniere, 2009, 280 p.

Bébés papous, bébés pygmées, bébés kabyles, bébés kayapos, bébés sioux, bébés hindous, bébés esquimaux, bébés pékinois, bébés baloutches… Comment vivent les petits d’homme à l’autre bout du monde ?

Pourquoi les mères touaregs mettent-elles des crottes de chameaux dans le premier bain de leur nouveau-né ? Quelles vertus thérapeutiques et magiques sont attribuées aux fumigations que subissent les bébés aborigènes ?


Les bienfaits du portage, revue Allaiter Aujourd'hui n°40 par la lllfrance.org

BELOVED BURDEN, BABYWEARING AROUND THE WORLD, I.C. van Hout, Editions Lm Publ (livre en anglais), 2015, 176 p.

Les recherches confirment que porter un bébé développe son intelligence et sa capacité de confiance, d'affection, d'intimité, d'amour et de bonheur.

Ce livre décrit comment les nourrissons sont portés dans différentes parties du monde. Il présente une vision historique de l'utilisation des porte-bébés, de l'Antiquité à nos jours.


PORTER BÉBÉ , AVANTAGES ET BIENFAITS, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Éditions Jouvence, 2006, 120 p.

Premier livre français sur le sujet, l’ouvrage, nourri d’études et de l’expérience de parents, aborde l’historique du portage, ses multiples bienfaits (confort, lien mère-enfant, développement psychomoteur…) et la façon dont il facilite la vie quotidienne.


LA MÉTHODE KANGOUROU, Nathalie Charpak, Zita de Calume, Annick Hamel, Éditions Esf, 1996, 112 p.

Introduction à cette technique médicale, qui permet aux prématurés de vivre hors de la couveuse grâce au contact peau à peau avec leur mère.


HISTOIRE DU BRÉSIL, Armelle Enders, Édititions Chandeigne, Collection Série lusitane, 2016, 360 p.

Pour rompre avec la linéarité du récit national du Brésil, ce livre insiste sur la diversité et les contradictions de la société coloniale, puis du Brésil indépendant. Il rappelle le rôle central qu'exercèrent Portugais et Brésiliens pendant toute la durée de la traite négrière occidentale, le fonctionnement du système esclavagiste, ainsi que les séquelles de longue durée que fait peser celui-ci sur les rapports sociaux et la citoyenneté au Brésil.

Il s'efforce, enfin, de faire l'archéologie du "Brésil métis", en plaçant dans son contexte le métissage, ses formes, ses significations et ses enjeux.


L’ÉPOPÉE DES BÉBÉS DE L’ANTIQUITÉ À NOS JOURS, Béatrice Fontanel et Claire d’Harcourt, Éditions de La Martinière, 1999, 222 p.

Ce livre suit l'évolution des soins donnés aux tout petits dans cette première "Histoire des bébés" de l'Antiquité à nos jours. Le premier grand album d'images de la vie quotidienne des petits d'hommes au fil des siècles.